L'Ecomusée du Moulin de la Sée

du 9 mars au 24 juin 2007

E X P O S I T I O N    T E M P O R A I R E

" Volailles et cochons : bien manger à la campagne "

 

 

Une nouvelle fois, l’Écomusée du Moulin de la Sée fait appel au talent de M. Christian Malon pour nous faire découvrir des aspects connus et inconnus de la vie rurale.

Après l’exposition Foires et marchés d’hier et d’aujourd’hui tenue en 2003 à l’Ecomusée du Moulin de la Sée, Christian Malon nous propose, à travers trente-deux photographies et deux textes, une plongée dans un monde rural soucieux de préserver la qualité de ses produits. Élevés à la ferme, cochons et volailles vont être abattus lors de journées où se mêlent souvent bonne chère et esprit de fête. C’est notamment le cas lors de la tuerie du cochon, où chacun joue un rôle bien déterminé, qui s’achève par un repas pris en commun.

Ici la tuerie est un rite et le repas un partage.

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En portant son regard sur un domaine qu’il connaît bien, la ruralité, Christian Malon, auteur-photographe dévoile aussi ses sentiments pour la campagne et avant tout, ses « paysans », mot qu’il défend et que nous défendons avec lui, sans passéisme pour autant.
Partagé entre deux territoires, l’Auvergne qui l’a vu naître et la Normandie qui l’a adopté et qu’il a adoptée, le photographe nous amène à porter un regard neuf sur le monde agricole, ses gestes, ses attitudes, ses inquiétudes également.

Dans cette exposition, c’est de la basse-cour et du cochon qu’il s’agit. Habituels pour ce qui concerne la volaille, animaux pléthoriques, ces gestes prennent une forme de rite quant il s’agit du cochon. Animal très présent auprès des hommes au sein des fermes, il en est élévé généralement un par an. Son sacrifice et le cérémonial qui l’accompagne démontrent tout l’intérêt porté à cette bête. Cette journée, « la tuée », obéit à des règles strictes : un ordre des tâches, une organisation rigoureuse et une progression. Puis, à la fin de la journée, un bon repas pris en commun avec notamment pour plats les pièces les plus fragiles de l’animal.
 
Voir ainsi présentés ces gestes sur des supports photographiques nous amène également à réfléchir. Car pourquoi photographier ces scènes qui nous semblent pour beaucoup familières ? Peut-être parce que le monde agricole que nous connaissons est en profonde mutation et que ces scènes appartiendront désormais au passé. Sachons donc regarder autour de nous et comprendre à quelle vitesse se transforment notre campagne et le métier de paysan. Car habitués que nous sommes à y vivre : savons-nous pour autant regarder et considérer la campagne ?

Loin d’une attitude condescendante, souvent trop répandue, vis-à-vis de ces paysans, qui sont ceux qui nous nourrissent, Christian Malon a su capter la vérité des actes, la simplicité des gestes, et ceci, avec bienveillance. Car en photographie aussi, « on ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux. »

 

Vous pourrez découvrir à la fin de l’exposition des recettes ancestrales autour de la volaille et du cochon mises à votre disposition.

 

Je remercie bien sûr le personnel de l’écomusée : M. Olivier Dumay, Mme Christine Cuisinier, et notre nouvelle collaboratrice Mlle Cyrielle Brière de leur aide à la préparation et au montage de l’exposition.

Je vous souhaite au nom de toute l’équipe une bonne visite.

Philippe CLAIRAY

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Alors, n'hésitez pas, venez nombreux !

 

 
 
 
Lors de l'inauguration : (de gauche à droite) M. CHOTTARD -Vice-Pdt de l'Association des Amis de la Vallée de la Sée, M. MALON - Auteur photographe, M. BAZIRE - Pdt CdC Sourdeval & M. CLAIRAY - Directeur de l'écomusée.
 
La cage de transport du cochon
Cinématique photographique
Cartes et livres photographiques de C. MALON

 

 

 

 

 

 

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Officier des Arts et des Lettres

Professeur d’éducation culturelle au Lycée Agricole de VIRE : 1969 -2001 et au Lycée Agricole de COUTANCES : 2001-2004

Né le 7 octobre 1944 à CONDAT (Cantal)

Diplômé de l’Institut National Agronomique de DIJON
Ministère de l’Agriculture : 1972

Premières photographies sur le monde rural en général et plus particulièrement sur les PAYSANS AUVERGNATS ET NORMANDS : 1967

 « Une œuvre originale qui retrace un itinéraire : petit fils d’agriculteurs du Cantal venus en Normandie dans les années 20 comme négociants - voyageurs; j’ai dès mon plus jeune âge été partagé entre ces deux Régions rurales essentiellement d’élevage. Les Salers à robe rouge occupaient les villages et les plateaux de mon Cantal natal et les Normandes aux trois couleurs se mariaient avec bonheur aux pommiers en fleurs du Bocage.

J’ai vécu ces trente dernières années de ruptures du monde agricole avec le sentiment d’abord confus que nous vivions la fin d’un monde ! Les aller et retour bisannuels entre Auvergne et Normandie m’ont d’abord montré un écart croissant entre les développements agricoles de ces deux Régions. La Normandie agricole compte tenu de son climat plus favorable, de ses structures … se développait plus rapidement que l’Auvergne, surtout la Haute Auvergne où un hiver plus long et plus rigoureux ainsi que des altitudes plus conséquentes constituaient un frein au progrès; par conséquent c’est cet écart qui me fit prendre vraiment conscience des mutations inexorables qui allaient s’opérer dans le monde paysan.

J’ai voulu rendre compte par la photographie de l’évolution de mes deux terres d’attache, en observant en premier lieu les paysans qui vivaient autour de moi dans mon village natal à la fin des années 60. Mon désir était alors de conserver la mémoire de ces Gens, de leurs modes de vie, de leur relation avec la nature et les animaux, de leurs expressions et de leurs gestes.

Le paysage rural, hier comme aujourd’hui demeure pour l’essentiel un produit de l’agriculture, à une nouveauté prés, considérable : hier le paysage était une résultante ou une conséquence ; aujourd’hui il est en soi une production… et un appel pour l’agriculture. Le paysage ne s’hérite plus, il se construit ou se reconstruit. Les paysages qui font rêver les urbains sont le plus souvent des paysages cultivés et travaillés. Les habitants des villes considèrent essentiellement la campagne comme un paysage.
Ces deux régions aux racines agricoles fortes que j’ai souhaité associer dans mon travail d’auteur - photographe, me paraissent au centre d’une problématique plus que jamais actuelle :
- Quels types de paysages souhaitons nous ?
- Quels liens ont les agriculteurs aujourd’hui avec le paysage ?
- En quoi les pratiques agricoles et autres ont-elles modifié celui-ci ? »

Sans prétendre répondre de manière exhaustive à ces questions fondamentales de nos jours, mes photographies je l’espère, au-delà du devoir de mémoire indispensable, peuvent contribuer par leur simplicité et je l’espère par leur vérité, à nous interroger sur notre avenir à travers ces regards de paysans, leurs liens avec les animaux et la nature ; en gardant l’émotion.


Pour en savoir plus : http://christianmalon.photo.free.fr.

 

par lui même

 

 

 

 

 

 

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