Les habitants de la Sée : la macrofaune

Ecomusée du moulin de la Sée - Maison de l'Eau et de la Rivière

Sont présentées ici les principales espèces de poissons et de Crustacés que l'on peut retrouver aux abords du moulin, au niveau de la source de la Sée. Des éléments de biologie, écologie ou encore de répartition géographique et de protection sont également présentés.

 

Salmo salar (L.)
Salmo trutta v. fario (L.)
Salmo trutta v. trutta (L.)
Anguilla anguilla (L.)
Leuciscus cephalus (L.)
Phoxinus phoxinus (L.)
Lampetra fluviatilis (L.)
Lampetra planeri (L.)
Petromyzon marinus (L.)
Gobio gobio (L.)
Blennius fluviatilis (L.)
Cottus gobio (L.)
Cobitis taenia (L.)
Austropotamobius pallipes (L.)
Pacifastacus leniusculus (L.)

 

Le saumon Atlantique : Salmo salar (Linnaeus, 1758)

Le saumon Atlantique est un poisson migrateur anadrome, puisqu'il vit en mer et remonte les rivières pour se reproduire (à l'inverse de l'anguille - Anguilla anguilla - poisson catadrome).

L'éclosion
En hiver, les saumons pondent des œufs au sein de " nids " appelés frayères, constituées de petits cailloux et graviers. Après deux à trois mois, les œufs éclosent pour donner naissance à des larves, auxquelles est accrochée une réserve de protéines, le sac vitellin. Cette poche leur permettent de subvenir à leurs besoins tout en restant à l'abri des prédateurs au sein de cette petite grotte. Au fur et à mesure que le sac vitellin diminue, la larve se développe. Elle donne alors naissance à l'alevin.


La dévalaison
L'alevin va ensuite devoir sortir pour trouver sa nourriture. Celle-ci est principalement constituée de petits Crustacés (comme les gammares) ou de larves d'Insectes (éphémères, libellules, etc.). Une fois une certaine robustesse acquise, le tacon va dévaler la rivière et se nourrir également de petits poissons qu'il chassera principalement la nuit, à l'abri des prédateurs dirunes. Au bout d'environ deux ans, il atteint l'estuaire du fleuve ou de la rivière (la baie du Mont-Saint-Michel, à Avranches pour la Sée) où il subit une transformation physiologique et morphologique, la smoltification, qui lui permet de passer des eaux douces au milieu marin : c'est le smolt.


La traversée de l'Atlantique
Une fois acclimaté, le smolt devient un jeune saumoneau prêt à traverser l'Océan Atlantique, faire 4 000 km pour rejoindre principalement l'Ouest du Groenland (certains vont aux îles Féroé, entre l'Ecosse et l'Islande). En effet, cette zone constitue une zone de confluence d'eaux froides, ce qui a comme conséquence de concentrer le krill, petit Crustacés (assimilés à une crevette) de quelques dizaines de millimètre. Le krill contient un pigment respiratoire, le carotène, qui lui donne une couleur rose orangée. C'est ce krill qui donne la couleur rose-orangée à la chair du saumon (et également du flamant). Le saumon adulte va rester un à trois ans dans cette zone pour se nourrir de krill mais aussi de petits poissons comme le hareng ou la sardine. Il va ainsi multiplier son poids par 50 à 100 pour peser jusqu'à 23 kg (voire plus) et mesurer jusqu'à 1,30 m !

Le retour vers les côtes
Une fois sa maturité acquise et ses réserves de graisse accumulées, le saumon va éprouver le besoin vital de se reproduire : le long périple du retour jusqu'au littoral commence. On pense que pour se guider, les saumons utilisent trois systèmes : l'odorat, mais surtout les lignes du champ magnétique terrestre, à la manière des oiseaux migrateurs, et les grands courants océaniques.

La recherche du cours d'eau natal
Arrivé près des côtes d'Avranches, le saumon retrouve instinctivement sa rivière d'origine, la Sée, grâce, cette fois-ci, à son odorat très développé (phénomène de "homing"). En effet, il semblerait que lors de son arrivée en mer, après la dévalaison, le jeune smolt mémorise les molécules chimiques de la rivière (son " odeur "), et qu'une fois de retour, il retrouve leurs traces à travers l'infinité de combinaisons possible entre toutes les rivières et fleuves.

La remontée de la rivière
Dès que les saumons commencent à remonter la rivière, ils arrêtent de se nourrir et vivent sur leur réserve : leur appareil génital se développent énormément, réduisant de ce fait, l'appareil digestif. Un dimorphisme sexuel apparaît alors puisque si la femelle se reconnaît par son ventre démesuré (elle pond entre 10 à 15 000 œufs), le mâle, quant à lui, voit sa mâchoire inférieure se transformer en bec : le " bécard " (nom également donné à l'individu). De plus, un second phénomène transforme les deux sexes, car lorsque les saumons sont en mer, ils sont gris argentés afin de passer inaperçus auprès des prédateurs et deviennent marron vert en rivière pour la même raison.


La nidification
Les saumons remontent jusqu'aux environs de la source pour choisir une zone propice à leur accouplement, c'est-à-dire une zone bien oxygénée et fraîche. Là, les couples se forment et le mâle choisit l'emplacement du nid, sur du gravier. La femelle se place alors sur le flan, tape de sa nageoire caudale pour déplacer les petits cailloux et créer ainsi une dépression : la frayère.


Le frai
La femelle dépose ses ovules au creux de la frayère que le mâle vient aussitôt féconder avec sa laitance qu'il expulse dans un frémissement. La femelle recouvre enfin le tout avec sa nageoire pour que les œufs soient protégés du courant et des prédateurs tout en étant suffisamment oxygénés jusqu'à leur éclosion.


Le cycle s'achève et se poursuit ...
Une fois l'accouplement achevé, 80 à 90 % des saumons adultes meurent d'épuisement, lié à la remontée du courant et à l'absence d'alimentation. Il s'agit principalement des mâles car doivent également assumer un combat d'appropriation de femelles. Les femelles survivantes redescendent la rivière ou le fleuve pour migrer à nouveau. Sur les 10 à 15 000 œufs pondus, seulement 1 à 2 % accompliront le cycle entièrement. Au final, le cycle biologique total du saumon atlantique se déroule sur approximativement 3 à 7 ans (en France).

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Salmoniformes
Famille : Salmonidae

Autres noms :
Poids maximum : 36 kg
Longueur maximale : 40 à 110 cm (maxi : 1,35 m)
Durée de vie : 4 à 6 ans (maxi : 10 ans)
Période de frai : Novembre à Janvier
Ponte : 1 500 à 1 800 oeufs / kg PF

Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II - Annexe V
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -

S. salar en rivière

© Ecomusée de la Sée

S. salar en mer

© Ecomusée de la Sée


source : Christian Bouchardy
La truite fario : Salmo trutta v. fario (Linnaeus, 1758)

Anatomie
La morphologie de la truite fario ne présente pas de différences notables avec la truite de mer. Les caractéristiques communes aux différentes truites sont d'avoir un corps fusiforme et élancé, une tête assez grosse avec une bouche bien fendue, de petites dents sur les machoires, la voute et la langue. De plus, elles ont en commun une nageoire de petite taille, la nageoire "adipeuse", entre la dorsale et la caudale. Le tube digestif de la truite est court car elles est essentiellement carnivore. S. trutta v. fario a par contre un estomac développé parfaitement conforme à son alimentation. Les sensibilités olfactive et gustative de la truite sont particulièrement développées. Les couleurs de la truite de rivière sont variables et ce, en fonction de son habitat. Le dos est foncé avec des nuance de noir, gris bleu-vert ou brun-vert plus ou moins sombre. Les flancs de cette truite sont brun-jaunes tachetés de point noirs et souvent de points rouges. Son ventre est plutot blanc, voir parfois jaunâtre. En fonction de son environnement, les cellules pigmentaires influent sur la couleur de sa robe. Il y a là une faculté de camouflage. Ceci étant, la génétique garde une influence non négligeable sur les variantes de couleurs et permet même de différencier les populations natives ou introduites, voir même de repérer leurs hybrides.

Biogéographie
La truite de rivière est originaire de l'émisphère nord de l'Europe, et son extention fut possible aprés la dernière époque glaciaire. Ainsi son aire de répartition couvre l'Europe septentrionale, centrale et occidentale. Il existe une forte diversité génétique dans cette espèce, et ceci au point de trouver plusieurs sous-espèces en diverses régions. Suite à de trés nombreuse introductions, la truite fario est implantée dans bon nombres de pays sur tous les continents.

Ecologie
Cette truite bien, que considérée sédentaire contrairement à la truite de mer (S. trutta v. trutta), ne l'empêche pas d'effectuer d'importants déplacements (5 à 20 km) dans le réseau hydrologique. C'est un poisson d'eaux vives et demande une importante quantité d'oxygène. Ainsi une eau claire, peu ou pas chargée en particules aura sa préférence. C'est donc logiquement qu'on la trouve à une certaine altitude, dans les rivières et les torrents mais aussi dans les lacs (d'où la défintion des zones supérieures des rivières en "zone à truites et à ombles"). A ses préférences d'habitat, on notera que la nature des fonds est tout aussi important.
En fonction de sa taille, la truite de rivière possède un territoire plus ou moins vaste. Il comprend aussi bien une zone de repos qu'une zone de chasse que la truite n'accepte pas de partager avec ses congénères. Ce comportement est flexible en fonction de la hiérarchie sociale qui s'applique dans le monde de la truite. On peut ainsi constater certains regroupements pour l'hiver lorsque les températures baissent.
D'octobre à décembre, la migration pour la recherche de frayères s'effectue principalement la nuit. L'amplitude de ces déplacements peut être important de même que le retour d'un géniteur vers sa zone de chasse peut être rapide. La truite de rivière est un poisson carnivore. Elle consomme aussi bien des invertébrés (Insectes aquatiques ou aériens, Crustacés) que de petits poissons. Au dessus d'une taille de 30 cm, elle consomme principalement de petits poissons comme les Vairons, les Chabots ou les alevins de Perches. Ce régime la conduit parfois a des actes de cannibalisme.
Pour la capture de ses proies, la truite adopte trés souvent la technique de la nage stationnaire. Sa vision lui permet de repérer facilement sa nourriture. Son activité est aussi bien diurne que nocturne et varie en fonction de la saison. En hiver, la truite fario diminue ses dépenses énergétiques pour se nourrir et va jusqu'à ne plus s'alimenter pendant de longues semaines. Elle compensera ce jeûne le printemps suivant avec une forte activité entre avril et juin. Une autre période de forte activité est à remarquer entre septembre et octobre. Mais celles-ci est le prélude à sa période de reproduction qui demande une importante énergie.

Reproduction
La maturité sexuelle de la truite fario est généralement atteinte à 3 ans. La ponte hivernale intervient dans des eaux froides, idéalement à 6°C. Elle intervient sur une frayère qui a des caractéristiques trés pécifiques. Il faut tout à la fois du courant, une faible hauteur d'eau et une granulométrie du substrat qui convienne. Aprés le creusement d'une cuvette de quelques 10 cm de profondeur, la truite fario y déposera ses oeufs que le mâle viendra aussitot féconder. La fécondation dure environ 40 jours dans une eau à 10°C. La croissance de la truite de rivière dépend de son environnement (température, nourriture). Elle est relativement lente dans les torrents que dans les lacs.

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Salmoniformes
Famille : Salmonidae

Autres noms : Fario, Truite de rivière, Belle mouchetée, Sauvage - Anglais : Brown trout
Poids maximum : 300 à 500 g (jusqu'à 10 kg)
Longueur maximale : 20-50 cm (jusqu'à 1m)
Durée de vie : 4 à 6 ans (jusqu'à 10 ans en lac)
Période de frai : Novembre à Janvier
Ponte : 2 000 à 4 000 ovocytes / kg PF

Protection : Nationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


l'oeuf de truite


l'éclosion


la larve avec son sac vitellin

source : CSP


source : web.ticino.com

source : www.maretarium.fi

La truite de mer : Salmo trutta v. trutta (Linnaeus, 1758)

Anatomie
La truite (quelque soit la sous-espèce) est une espèce très polymorphe au niveau de sa couleur, dont les variations accompagnent souvent les changements d'habitats qu'est susceptible d'accomplir cette espèce.
Le corps de la truite de mer est fusiforme et élancé, la tête est relativement grosse et la bouche est largement fendue, le maxillaire supérieur dépassant nettement le bord postérieur de l'œil. Les mâchoires sont armées d'une rangée de dents coniques.
La coloration de la robe et le patron des ponctuations varient avec l'âge et le milieu de vie des individus. Il existe chez certaines truites une tendance naturelle à se déplacer vers des secteurs où le volume d'eau est important (Lac ou grande rivière), là, les individus perdent complètement leur robe tachetée pour prendre une parure très homogène avec le dos souvent gris bleu et le ventre blanc. On retrouve cette coloration aussi bien chez la truite de mer que chez la truite de lac (S. trutta v. lacustris).

Le cycle vital de la truite de mer
La truite doit aussi alterner une phase de vie en mer et une phase de vie en rivière (sauf pour la variété fario qui ne vit qu'en rivière). On l'appelle également " truite de mer " pour cette raison. Tout comme le saumon, elle dévale la rivière après y être restée pendant environ 1 à 2 ans pour grandir, et se nourrit de petits Crustacés ou de larves d'Insectes. Une fois arrivée en mer, elle se nourrit de petits poissons et de Crustacés pour atteindre sa taille et son poids adultes qui peuvent atteindre 90 cm et 10 kg ! Elle retourne ensuite en rivière, vers les sources, pour creuser une frayère et se reproduire. La truite est donc également un poisson anadrome. En revanche, contrairementS. salar, la plupart des individus ayant frayé ne meurent pas et redescendent en mer pour revenir l'année suivante accomplir un second cycle.
La migration en mer de la truite est beaucoup plus limitée dans l'espace que celle du saumon atlantique (S. salar) et il n'est pas rare de voir une truite se reproduire après son premier été en mer (type "finnock").

Biogéographie
La truite est largement répandue sur l'ensemble du territoire. Elle fréquente aussi bien les cours d'eau de haute altitude que les lacs. En plaine, le facteur le plus limitant de sa répartition est la température plus que la qualité des eaux (espèce d'eau fraîche).
La truite de mer a bénéficié des programmes développés pour le saumon atlantique et l'ouverture d'axes nouveaux profite particulièrement à cette espèce (fleuves côtiers de la Manche: Orne, Touques, Bresles).
On a longtemps cru que la mer Méditerranée était trop salée pour abriter des salmonidés, il semble que depuis quelques années la capture de truite y soit de plus en plus fréquente.

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Salmoniformes
Famille : Salmonidae
Autres noms :
Poids maximum : 10 - 15 kg (rare : 50 kg)
Longueur maximale : 80 -100 cm (rare : 140 cm)
Durée de vie : 4 à 5 ans
Période de frai : hiver
Ponte : 1 500 ovocytes / kg PF
Protection : Nationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : www.ville-eu.fr

 

L'anguille : Anguilla anguilla (Linnaeus, 1758)

La famille des Anguillidae est plus importante qu'il ne paraît au premier abord, parce que beaucoup de ses représentants, semble-t-il, vivent dans les profondeurs abyssales, en plein océan donc, et échappent de ce fait à l'observation humaine. Presque toutes les espèces sont marines, comme le congre et la murène, seules les anguilles proprement dites vivent en eau douce.

Anatomie
En eau douce il est impossible de confondre l'anguille avec un autre poisson, sauf peut-être les lamproies, du fait de son corps serpentiforme. Sur le littoral, on la distinguera aisément de la murène qui n'a pas de nageoires pectorales et dont le corps est d'ailleurs fort joliment marbré. On la confondra plus souvent avec les congres, qui ont cependant les yeux plus gros et la mâchoire inférieure non proéminente, de sorte qu'ils n'ont pas l'expression féroce de l'anguille. L'anguille possède une nageoire dorsale et annale qui forment une bande continue. En revanche les nageoires pelviennes sont absentes.

La peau de ce poisson, épaisse et gluante, n'est pas nue comme il semble au premier abord, mais les écailles sont minuscules et noyées sous une abondante mucosité dans les tissus. On remarquera l'absence apparente d'opercule, l'ouverture respiratoire étant une mince fente en avant des nageoires pectorales. Cette disposition des branchies, presque closes, explique en partie la capacité remarquable qu'ont les anguilles de supporter un séjour prolongé hors de l'eau: elles conservent ainsi longtemps l'humidité nécessaire à une respiration restreinte et à l'intégrité de leurs organes respiratoires.

Les anguilles séjournant en eau douce sont d'un brun verdâtre plus ou moins foncé, avec le ventre jaunâtre, ce sont les anguilles jaunes. L'époque de leur retour à la mer approchant, leur dos devient bronzé, leur ventre s'argente, elles deviennent des anguilles argentées. Cette transformation est l'indice de leur proche maturité sexuelle et de leur imminente migration.

Le cycle vital de l'anguille
L'anguille est également un poisson migrateur mais un peu particulier car si elle alterne ses phases de vie en eau douce et en eau de mer, c'est en mer et non en rivière qu'elle se reproduit : c'est un poisson catadrome.
Atteignant sa maturité sexuelle entre 10 et 15 ans, l'anguille subit une transformation en préalable à sa migration vers l'océan pour se reproduire. Elle devient argenté, prend une tête plus fine avec des yeux qui grossissent. Quelques temps avant le grand départ elle fait en sorte de se constituer le stock de graisse qui lui sera utile pour son voyage qui peut durer 3 ans. Elle se dirige ainsi vers les profondeurs de la mer des Sargasses, devant les côtes américaines de l'Atlantique pour la reproduction. En effet, les anguilles d'Europe ou celles de la côte Atlantique des Etats-Unis, vont pondre leurs œufs dans la mer des Sargasses, au nord des îles Bermudes. Les appareils de pêche des expéditions scientifiques ont découvert, dans ces emplacements en plein océan, les pontes qui flottent par 200 ou 300 mètres de fond.

Les œufs des poissons apodes donnent des larves aplaties, transparentes, qui font partie du plancton marin et qu'on appelle des leptocéphales. Les larves leptocéphales de l'anguille d'Europe mettent trois ans pour atteindre nos côtes à la faveur de courants marins, tel que le Gulf Stream, courant chaud et fort, dirigé vers l'est, qui les ramènent vers les eaux douces européennes : elles ont alors six à neuf centimètres de long. Puis elles subissent une métamorphose.

Feuilles transparentes, au début, elles deviennent semblables à des vers translucides (absence de pigmentation), puis de plus en plus opaques, longs de quelque sept centimètres. Elles sont devenues des civelles. C'est à l'état de civelles que les anguilles reviennent en eau douce. Deux facteurs physiques au moins interviennent dans leurs déplacements et déterminent leur direction: la teneur de l'eau en sel et les courants. Les civelles encore transparentes sont attirées dans les estuaires par l'eau douce et elles se déplacent à contre-courant. Elles apparaissent en hiver dans le sud de l'Europe, au printemps dans la Loire, en été dans le Nord. Elles circulent de nuit, au gré des marées, en contingents serrés qui s'étirent le long des rives où on les pêche, par quintaux, à la lanterne. Ces rangs serrés de civelles sont les fameux cordons. En dépit de toutes les causes de destruction, des myriades de civelles arrivent à franchir les obstacles qui se dressent sur leur route (parfois même en se déplaçant sur la terre ferme par temps humide) et deviennent les petites anguilles répandues partout, depuis les étangs saumâtres du littoral jusqu'aux mares isolées fort loin dans les terres.

Les anguilles argentées, pour descendre à la mer, s'aventurent souvent dans les prés humides durant les nuits d'orage, passant subrepticement de la mare isolée où elles ont vécu, dans les rivières, où elles se laissent aller au fil de l'eau. Le grand départ a lieu surtout lors des crues d'automne. C'est aussi à la faveur d'une tempête que les étangs du littoral se vident parfois d'un seul coup de toutes leurs anguilles adultes. A ce moment, elles sont fort grasses et très appréciées lors de la préparation en anguilles fumées. Leurs réserves de graisses sont mises à contribution pour l'immense voyage qu'elles entreprennent. C'est en effet quelque 3 000 km de parcours en mer qu'il leur faudra couvrir en 3 à 5 mois pour atteindre la mer des Sargasses.

L'anguille ne reviendra pas des sargasses car meurt aussitot le frai passé. Les larves mesurent 65 mm au moment de s'engager sur le retour vers les eaux contientales.
La civelle fera ce long chemin mais rencontrera bien des obstacles (barrages, digues) pour atteindre son lieu de vie.

Remarquons encore, pour terminer, l'extraordinaire retard de croissance que subissent les anguilles. La petite civelle qui s'aventure en eau douce, malgré sa chétivité, est déjà un poisson " vieux " de trois ou quatre ans. Sa croissance ultérieure dépend grandement des circonstances locales et il est difficile de donner des normes précises.

Biogéographie
L'anguille est une espèce autochtone de nos cours d'eau tributaires, de l'Atlantique, la Mer du Nord, la Manche, et la Méditerranée.

Ecologie
L'anguille passe entre une dizaine et une quinzaine d'années environ en eau douce, voire plus.

C'est un prédateur, chassant souvent à l'affût malgré une vue déficiente. Les anguilles se nourrissent d'Insectes, de Crustacés (y compris des écrevisses), de Mollusques (escargots) et même de petits poissons en fonction de la taille de leur bouche ainsi que des Amphibiens (grenouilles). C'est aussi un charognard qui se nourrit principalement la nuit (n'aimant pas la lumière). L'expérience a montré que, pour l'anguille en tout cas, l'odorat et le goût sont largement mis à contribution au cours de la quête de la nourriture et compensent le manque d'acuité visuelle. Longtemps considérée comme "nuisible", elle fait l'objet d'une pêche intensive sur toute les phases de son cycle biologique. Or, l'anguille joue un rôle primordialdans l'écologie des écosystèmes continentaux.

En rivière, les anguilles se dissimulent dans les enrochements, ou bien s'enfouissent presque entièrement dans la vase pour chasser à l'affût. On peut alors les voir, sortant la tête de leur trou, et s'élancer au passage d'une proie. Dans les lacs, c'est surtout par les nuits sombres et par temps orageux qu'elles se font prendre aux lignes de fond. Dans les ports de mer, elles se nourrissent en grande partie de déchets de poissons rejetés à l'eau. En étang, elles contribuent à exterminer les larves de moustiques. Le régime des anguilles est donc très varié, elles s'accommodent même de toutes sortes de rebuts.

Dimorphisme sexuel
La femelle est notablement plus volumineuse que le mâle. A l'approche de sa maturité, quand sa peau s'argente, elle mesure entre 50 cm et un mètre et peut peser plus de1,5 kg, exceptionnellement trois kilos. Un mâle n'atteint probablement jamais 50 cm et pèse tout au plus 120 gr. Généralement, on peut admettre qu'un mâle de 40 cm. peut avoir entre 10 et 12 ans de vie continentale, tandis qu'une femelle de même âge aura 50 à 60 cm.

Il n'existe qu'une seule espèce d'anguille en Europe. On fait pourtant un peu partout une distinction entre les anguilles à tête large, les verniaux, et celles qui ont le museau plus pointu, les pimperneaux. Ces types pourraient être les extrêmes d'une notable variation individuelle, il n'est peut-être pas exclu qu'ils correspondent à quelque différence sexuelle, les " museaux pointus " restant plus petits comme c'est le cas des mâles. Il est d'ailleurs souvent difficile de se prononcer sur le sexe d'une anguille au moins tant qu'elle n'a pas atteint une trentaine de centimètres. On sait qu'à proximité de la mer la plupart des individus semblent être des mâles, soit que les femelles en eau saumâtre subissent une inversion sexuelle, par influence du milieu, soit que les futures femelles aient une tendance plus prononcée à pénétrer à l'intérieur des terres. Les problèmes que pose la sexualité des anguilles sont loin d'être résolus.

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Anguilliformes
Famille : Anguillidae

Autres noms :
Poids maximum : 3 kg (femelle) / 120 g (mâle)
Longueur maximale : 1 m (femelle) / 50 cm (mâle)
Durée de vie : 25 ans
Période de frai : Printemps
Ponte : Inconnue

Protection : aucune
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : Annexe II


source : www.maretarium.fi

 

 

 

 


source : ©1999-2005 / UNPF

 

 

 


source : ©1999-2005 / UNPF

Le chevaine : Leuciscus cephalus (Linnaeus, 1758)
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Clupeiformes
Famille : Cyprinidae

Anatomie
Les chevesnes (chevaines) comme les vandoises et les bageons, appartiennnet au genre Leuciscus qui comprend une vingtaine d'espèces et sous-espèces en Europe. Avec son corps fusiforme et cylindrique couvert de grandes écailles et sa tête massive, le chevesne est un poisson robuste. Son dos est bleu-vert à gris brun avec des reflets verdâtres. Ses flancs sont plus clairs et son ventre est blanc.

Biogéographie
Le chevesne a une aire de répartition trés large sur le continent euro-asiatique. Il est autochtone en France et est présent dans toutes les régions en pointe de Bretagne et en Corse. Dans le midi il est essentiellement représenté par la variété Leuciscus cephalus cabeda. Si le chevesne est considéré comme un Cyprinidé d'eau vive, il apprécie aussi les eaux des rivières lentes, bordées d'arbres, avec des herbiers. Il aime les eaux réchauffées notamment à proximité de certaines centrales, ce qui n'empêche nullement de le trouver dans des eaux plus fraiches de certains lacs.

Ecologie
Le chevesne mène une vie grégaire, dans les courants et non loin de la surface. L'hiver, il émigre en eau profonde, dans les lacs, pour revenir vers les cours d'eau au printemps. Il est omnivore et consomme donc aussi bien de petits poissons que des plantes aquatiques. Vorace, l'été représente pour lui une période d'activité intense à la recherche d'insectes et de larves, voire même d'alevins et de petites grenouilles lorsqu'il est âgé.
La maturité sexuelle arrive aux environs de la troisième année, voir même plus tradivement (vers 5 ans). Aprés une migration depuis les zones de grossissement vers des lieux convenants à la reproduction, les pontes se déroulent d'avril à juin à des températures d'environ 15°C. A chaque ponte (3 ou 4 par saison) 20 000 à 100 000 ovocytes sont déposés prés des herbes aquatiques auxquelles ils adhérent. L'éclosion est rendu possible aprés 4 jours à 15°C. La croissance du chevesne est relativement lente puisqu'il faudra au moins 7 ans pour obtenir un poisson d'une trentaine de centimètres.

 

Autres noms : Chevenne, Chevaine, Cabot, Caboche, Dobule, Gabotin, Meunier
Poids maximum : 6 kg (3 kg en moyenne)
Longueur maximale : 70 cm (30-40 cm en moy.)
Durée de vie : 10 à 12 ans (13 ans pour les femelles)
Période de frai : Avril à Juin
Ponte : 100 000 à 200 000 ovocytes
Protection : aucune
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -




source : www.maretarium.fi

Le vairon : Phoxinus phoxinus (Linnaeus, 1758)

Anatomie
Normalement olivâtre avec des taches latérales plus ou moins diffuses formant parfois des bandes longitudinales sombres. Les couleurs sont différentes en période de frai. Il a le corps allongé, arrondi, analogue à première vue à celui d'une truitelle, dont il se distingue naturellement par l'absence de nageoire adipeuse. Ses écailles sont minuscules, il en a 80 à 90 sur la ligne latérale, mais, vu sa taille, cette ligne est difficile à distinguer, d'autant plus qu'elle s'interrompt par endroits. Ceux des rivières de plaine dépassent dix centimètres. En altitude, ils n'atteignent guère que sept à huit centimètres.

Biogéographie
Ce petit cyprinidé, fréquent surtout dans les eaux claires des rivières et des lacs, est le seul poisson qui accompagne la truite dans les lacs d'altitude. Fréquent dans les cours d'eau assez rapides, il se rencontre aussi en rivières calmes, se chauffant au soleil d'été, mais il exécute alors, des déplacements parfois considérables, en bandes, probablement quand l'oxygène, pour lequel il est exigeant, vient à manquer.

Ecologie
Sa nourriture a fait l'objet d'études très poussées. Dans les lacs, il consomme du plancton animal et végétal, ou encore des algues broutées sur le fond. En rivière, son alimentation comporte aussi la faune de fond et les algues filamenteuses. Il est donc nettement omnivore, et s'il avale des œufs de truite, comme on le lui reproche non sans véhémence, ce n'est pour lui qu'un des éléments nutritifs occasionnels que lui offre le fond. Dans les lacs d'altitude, on le voit souvent moucheronner.

Reproduction
Le mâle en fraie acquiert de magnifiques couleurs métalliques : dos bleu acier, bordé de lignes dorées, flancs marqués d'une ligne noire à reflets brillants, ventre rouge. Cette parure atteint son maximum de somptuosité au moment de l'excitation qui accompagne les combats. La femelle gonflée d'oeufs a le ventre bombé, rouge aussi, mais ses flancs restent marqués de taches aux contours incertains.

Il fraie au printemps, parfois dès avril, mais beaucoup plus tard en altitude. Les vairons très excités et parfois bruyants se tiennent alors en quantité entre les graviers sous quelques centimètres d'eau limpide. Il leur arrive souvent de retomber à sec au cours de leurs étonnantes pirouettes. Les mâles sont mûrs à 2 ans, les femelles à 2 ou 3 ans. Les œufs, déposés entre les rochers et cailloux, sont volumineux pour de si petits poissons (environ 1,3 mm). En effet, les larves disposent d'un sac vitellin à la naissance qui leur permet de rester caché entre les pierres jusqu'à sa résorption. Une femelle en pond un millier, ils sont blanc cassé et collent aux pierres. Ils peuvent éclore en moins d'une semaine.

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Clupeiformes
Famille : Cyprinidae
Autres noms :
Poids maximum :
Longueur maximale : 10 cm
Durée de vie :
Période de frai : Avril à Juin
Ponte : 1 000 oeufs
Protection : Internationale
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : ©1999-2005 / UNPF

 

La lamproie de rivière : Lampetra fluviatilis (Linnaeus, 1758)
  

Anatomie
Celui qui rencontre inopinément et pour la première fois une petite lamproie la prendra peut-être pour une anguille, pour un " serpent d'eau " ou pour quelque ver rond bien étrange. Il constatera que la bouche n'a pas de mâchoire ; c'est exactement ce que signifie le mot agnathe. S'il s'agit d'un individu adulte, l'observateur constatera que l'orifice buccal est béant, bordé de papilles et en forme d'entonnoir à peu près circulaire. C'est cette particularité, la bouche circulaire, qui est traduite par le mot cyclostome, qu'on emploie aussi pour désigner le groupe auquel appartiennent les lamproies.

La lamproie de rivière est une espèce qui atteint environ 30 à 40 cm. Son dos est bleuté ou brun foncé et le ventre relativement brillant. Les deux nageoires dorsales sont séparées. Un examen plus attentif montre un disque buccal avec des dents dont la lame médiane est nettement plus large que haute, en sorte que les pointes en sont très espacées.

Parmi les caractères qui éloignent les lamproies des poissons, ceux de l'appareil respiratoire sont également particulièrement évidents. Leurs branchies sont des poches, au nombre de sept paires qui s'ouvrent séparément à l'extérieur par un pore bien visible. Ces sortes de sacs musculeux se dilatent et se contractent rythmiquement de telle sorte que l'air entre et sort par les orifices latéraux sans passer nécessairement par la bouche, comme c'est le cas chez les vrais poissons. Chez une lamproie adulte, il est aisé de repérer à l'arrière de chaque œil, les sept trous alignés un peu obliquement. Le nom de " flûte à sept trous " exprime cette particularité. Un autre nom local, " sept-oeils " s'applique surtout à la larve dont les yeux ne sont pas encore visibles et n'apparaîtront qu'à la métamorphose. Un sept-oeils est justement un animal dépourvu d'œil !

Un caractère curieux des lamproies est la présence d'une unique narine s'ouvrant devant l'œil gauche. Le tube digestif des lamproies possède une valvule spirale comme celui des sélaciens (poissons cartilagineux : les requins et les raies) et des esturgeons. Leur squelette est très rudimentaire, comparable à bien des points de vue à celui des embryons des autres vertébrés.

Notons encore, parce que c'est facile à constater, que les lamproies sont totalement dépourvues de nageoires paires et qu'elles ne disposent, pour se déplacer, que de leurs nageoires dorsales et caudale, lesquelles sont de simples replis de peau. Enfin, leur peau est entièrement nue et assez mince pour qu'on voie fort bien chez la petite lamproie (L. planeri), les bandes musculaires nombreuses dont leur corps est constitué.

Biogéographie
La lamproie de rivière se comporte comme la grande lamproie (Petromyzon marinus), mais remonte beaucoup plus profondément à l'intérieur des terres. C'est pourquoi, plus encore que la lamproie marine, elle se raréfie à mesure que les barrages se multiplient. Si elle fraie encore en Suisse, en aval de Bâle, il semble bien qu'elle ait disparu du territoire.

Ecologie

Toute l'organisation des lamproies confirme leur nature singulière. Elles se fixent à leur support ou sur la peau de leurs victimes, au moyen de leur entonnoir buccal qui est une solide ventouse, tapissée de dents en crochets. Au fond de cet entonnoir, la langue, comme un piston à bord tranchant, peut aller et venir, sciant, raclant, lacérant les chairs de leurs proies. Sauf la petite lamproie (Lampetra planeri), ces animaux sont en effet, à l'état adulte, des parasites externes qui dévorent les poissons sur lesquels ils s'agrippent. Il est d'ailleurs à noter que c'est le fonctionnement atypique de la repiration qui permet à la lamproie de respirer alors qe sa bouche est occupée à faire ventouse sur sa proie ou sur le rocher qui lui sert de prise contre le courant violent des euax vives.
La lamproie de rivière débute sa vie larvaire en rivière puis se dirige en mer pour une période d'engraissement d'au moins un an (17 à 29 mois), et retourne enfin en eau douce pour la reproduction.

Reproduction
Les larves (nommées ammocètes) mènent une existence quasi aveugle dans la vase des rivières assez fraîches et pures. Comme elles se débattent et se faufilent entre les doigts, on les appelle souvent des " chatouilles ". Elles sont aveugles. Leur bouche en fer à cheval est totalement dépourvue de dents. On y voit s'agiter une quantité de souples filaments où viennent se coller les particules alimentaires qui sont enrobées par le mucus du tube digestif. Ces larves subissent une vraie métamorphose au bout de deux à quatre ans. Leur bouche se modifie et s'achève en quelque sorte, formant peu à peu un cercle complet, bordé de papilles sensitives. C'est alors seulement qu'apparaissent les rangées de dents cornées caractéristiques de l'espèce. Les yeux, jusque là rudimentaires, se développent et se dessinent à la surface de la peau. C'est dans cet état transitoire que les larves quittent la vase. La métamorphose étant achevée, les jeunes lamproies marines (Petromyzon marinus) et fluviatiles (Lampetra fluviatilis) se rendent à la mer où elles passeront une année ou deux pour atteindre leur maturité seuxelle et s'engraisser. La petite lamproie (Lampetra planeri) au contraire, étant sexuellement mûre dès que sa métamorphose est achevée, vient directement sur ses frayères. C'est en effet à l'approche de leur maturité que les lamproies - comme tous les poissons migrateurs - se dirigent vers les emplacements de ponte. Celles qui ont vécu en mer se font alors véhiculer (au bout des deux années) par les poissons qui remontent en rivière, comme les saumons ou les aloses.

Sur les frayères, elles se fixent sur les pierres et on peut les voir, parfois en paquets, onduler dans le courant. Elles ne restent pas passives, bien au contraire, elles s'agitent et se trémoussent de telle sorte, qu'elles détachent peu à peu le gravier sur l'emplacement "choisi". Il en résulte une sorte de cuvette propre et claire (la frayère), où les accouplements se produisent et même fréquemment semble-t-il. Les mâles, à maturité, possèdent à cet effet une sorte de papille bien visible qui fonctionne comme un pénis, qu'ils introduisent dans l'orifice génital des femelles. A ce moment, les mâles ne sont plus fixés aux pierres, mais bien à la nuque de leur femelle, l'extrémité de leur corps replié, enlaçant leur partenaire.

Ce sont donc des œufs fécondés que la femelle dépose sur le gravier des frayères. Peu à peu, tous les individus lâchent prise les uns après les autres et sont entraînés par le courant. On les retrouve parfois échouées contre les obstacles. Il semble qu'aucun ne survive à la reproduction. C'est la raison pour laquelle on ne trouve des lamproies adultes que saisonnièrement. Les larves filtrent les micro-organismes (Diatomés) alors que les adultes ne se nourrissent pas.

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Cephalaspidomorphi
Ordre : Petromyzontiformes
Famille : Petromyzontidae
Autres noms : Lamproie fluviatile, lamprillon, fifre, sept-oeils, flûte à sept-trous
Poids maximum : 60 à 70 g
Longueur maximale : 30 à 40 cm (maxi : 50cm)
Durée de vie : 7 à 8 ans (maxi : 10 ans)
Période de frai : avril à juin
Ponte : 40 000 oeufs (fécondés)

Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II - Annexe V
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : www.maretarium.fi

 

 

 

La lamproie de planer : Lampetra planeri (Boch, 1784)
  

Anatomie
Le corps est serpentiforme, les nageoires sont peu développées ; les deux dorsales sont en contact chez les adultes matures. Le dos est bleu-vert, les flancs jaunes, et la face ventrale blanche.On distinguera sans peine la petite lamproie de ses congénères à sa taille réduite : quand elle apparaît sur ses frayères, elle mesure de 10 à 15 cm. Des lamproies marines (Petromyzon marinus) ou fluviales (Lampetra fluviatilis) de cette taille n'auraient à coup sûr que des organes reproducteurs rudimentaires. Elle possède une plaque maxillaire garnie d'une dent de chaque coté et 5 à 9 dents sur la plaque mandibulaire. Le disque buccal ne porte de dents labiales que dans sa partie supérieure.

Biogéographie
La lamproie de planer vit exclusivement en eau douce. Elle est devenue très rare dans le Sud-est, on la trouve dans les Sorgues (affluents de l'Ouvèze) et dans le Lez.

Ecologie
La petite lamproie ne quitte guère la rivière où elle est née. On la considère parfois comme une lamproie de rivière qui a perdu l'habitude ou l'instinct de descendre à la mer et qui, de ce fait, n'atteint qu'une taille médiocre. On connaît d'autres cas de nanisme consécutif à la suppression de l'existence en mer, chez le saumon par exemple, et chez les aloses. Certains auteurs décrivent la petite lamproie comme une simple sous-espèce de la lamproie de rivière, dont les œufs mûrissent aussitôt la métamorphose achevée.

Reproduction
La reproduction a lieu en avril-mai et les 1000 à 1500 ovules sont déposés dans un nid de sable ou de graviers. Les larves vivent enfouies dans la vase pendant 3 à 5 ans puis se métamorphosent : les yeux se développent tandis que l'appareil digestif s'atrophie. Les frayères de la petite lamproie peuvent être fort nombreuses dans les rivières fraîches à courant assez vif et régulier. On les remarque comme des taches claires, surtout sur les seuils peu profonds où l'eau court sur un lit de gravier. Elles abondent durant la période de frai, réunies par petits groupes frétillants et grouillants. Puis elles disparaissent brutalement, et l'espèce ne se maintient plus que par ses larves enfouies dans la vase, où elles se constituent des sortes de tubes par agglutination de particules. La vie larvaire dure plusieurs années. Les petites lamproies offrent donc une curieuse analogie avec les insectes comme les papillons ou les éphémères : une longue et obscure existence sous forme de larve, suivie d'une métamorphose aboutissant à une courte période de reproduction, qui leur est fatale. Les larves filtrent les micro-organismes alors que les adultes ne se nourrissent pas.

 

 

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Cephalaspidomorphi
Ordre : Petromyzontiformes
Famille : Petromyzontidae
Autres noms : petite lamproie, sucet, suce-pierre
Poids maximum :
Longueur maximale : 12 à 20 cm
Durée de vie : 3 à 5 ans
Période de frai : Avril-mai
Ponte : 1 000 à 1 500 oeufs
Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : MNHN


source : www.maretarium.fi

La lamproie marine : Petromyzon marinus (Linnaeus, 1758)

Anatomie
Le corps serpentiforme de P. marinus est grisâtre avec un dos marbré de noir chez les grands individus. Les mâles maturent arborent un ventre pourpre. La peau est nue et si les nageoires paires ne sont pas développées, les deux lobes de la nageoire dorsale sont bien développés. Les branchies en forme de saccules sont indépendantes et logées dans la région antérieure du corps et ne sont pas soutenues par des arcs branchiaux comme chez les poissons. La chambre branchiale s'ouvre par 7 paires d'orifices latéraux.
La lamproie marine se nourrit de sang et d'animaux morts et dispose pour cela d'un disque buccal composé de dents labiales cornées et pointues disposées en rangées concentriques autour de la bouche, fonctionnant comme une ventouse. La langue conique est munie de dents, la plaque maxillaire supérieure porte 2 dents et la plaque mandibulaire 7 à 8 dents.

Biogéographie
Partie septentrionale du littoral atlantique en Europe et en Amérique du Nord. en France, la lamproie marine était présente dans tous les grands fleuves, mais les barrages ont réduit son aire de répartition. Ainsi, elle remontait auparavant la Loire jusqu'à Orléans, la Seine jusqu'au département de l'Aube, la Moselle jusqu'à Metz et le bassin du Rhône jusque dans le Doubs. En 1960, elle fréquentait la Loire, la Garonne, l'Adour, l'Hérault, le Rhin, le Rhône jusqu'à Vallabrègues et plus rarement la Seine et les cours d'eau côtiers Normands (Douve, Sélune, Vire, Sée, Sienne...). Elle semble actuellement en régression dans le Nord (fleuves côtiers, bassin du Rhin) et dans l'Est de la France.

Ecologie
Comme la lamproie de rivière (Lampetra fluviatilis), la lamproie de mer vit sur le plateau continental marin et remonte les fleuves en automne et au début du printemps pour se reproduire. La vie larvaire (sous forme de vers aeugles pendant 2 à 5 ans) se déroule en eau douce, dans des orifices ménagés dans la vase.
Les larves se nourrissent de micro-organismes, les adultes parasitent des poissons en se fixant par la ventouse.

Reproduction
La reproduction a lieu de mars à mai dans le cours inférieur des fleuves, dans les eaux courantes. Les lamproies marines se rassemblent alors en petits groupes. Les oeufs sont déposés parmi les pierres dans un nid creusé par le mâle et la femelle, l'incubation durant 15 jours. Les larves (Ammocètes), aveugles, vivent dans la vase des eaux calmes pendant 2 à 5 ans puis migrent en mer après leur métamorphose. A maturité sexuelle, elles remontent frayer en eau douce. Les géniteurs meurent après la reproduction.

 

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Cephalaspidomorphi
Ordre : Petromyzontiformes
Famille : Petromyzontidae
Autres noms : grande lamproie, lampre, lampresse, lampresson, lamproie marbrée
Poids maximum : 1 à 1,5 kg
Longueur maximale : 55 - 80 cm (rare:100 cm)
Durée de vie : 8 ans
Période de frai : mars à mai
Ponte : 200 000 à 250 000 oeufs

Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : www.saumondeloire.com

Le goujon : Gobio gobio (Linnaeus, 1758)
Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii
Ordre : Clupeiformes
Famille : Cyprinidae

Anatomie
Avec un poids moyen de 50 g, le goujon vit en bancs. De couleur brune argentée, il a des marques sombres sur les flancs et sur sa nageoire caudale. Le corps est allongé, le dos est vert-bleu, les flancs sont plus clairs avec une rangée longitudinale de tâches bleues et violettes. La nageoire caudale et la nageoire anale sont ornées de tâches noires.
La mâchoire supérieure porte 2 courts barbillons, la tête est longue, les yeux sont grands. Il y a de 40 à 42 écailles le long de la ligne latérale.

Biogéographie
L'aire de répartition du goujon est trés importante puisqu'elle couvre l'ensemble de l'Europe (occidentale, centrale et orientale). Appréciant les eaux de bonne qualité, le goujon est un petit poisson trés répandu dans nos rivières.

Ecologie
Aux beaux jours, le goujon fréquentent les hauts fonds de graviers lumineux et attendra l'hiver pour rejoindre le fond. C'est un petit carnivore qui préfère les eaux claires, qu'elles soient courantes ou stagnantes. Il se nourrit en fouillant les fonds graveleux de larves d'insectes, crustacés, vers et petits mollusques.

Reproduction
De mai à juin, les oeufs émis par petits paquets adhèrent aux pierres ou aux plantes. La ponte se déroule en plusieurs fois et représente un effort si important que la femelle meurt souvent aprés 2 ou 3 pontes. A noter chez le mâle, la présence de turbercules nuptiaux sur la tête. Les oeufs (de 1000 à 3000 par femelle) incubent pendant 2 à 3 semaines avant d'éclore.

 

Autres noms : Touret, Boffi, Gabin, Goyou, Gouvion, Kress, Traga, Trogon
Poids maximum : 120 g
Longueur maximale : 10 à 15 cm (maxi : 20cm)
Durée de vie : 3 à 5ans
Période de frai : Mai à juin
Ponte : de 800 à 3 000
Protection : aucune
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : ©1999-2005 / UNPF

Le chabot : Cottus gobio (Linnaeus, 1758)

Anatomie
Cottus gobio possède un corps épais avec des écailles difficiles à observer car minuscules. La peau recouverte de mucus est grise ou brune à tâches brunes. Dépourvu de vessie natatoire, c'est un nageur trés médiocre au point qu'il se camoufle en prenant la couleur du fond sur lequel il est et préfère parfois se cacher sous les pierres. De plus, étant adapté à la vie sur le fond, il est aplati dorso-ventalement, avec les nageoires pelviennes pour lui servir de support lors de son déplacement. Cette conformation aplatie et son habitude à se tapir entre les pierres lui permettent ainsi de résister au courant vif des rivières de montagne. Ce carnassier a une activité essentiellemnt crépusculaire et nocturne. Les flancs sont plus clairs et son ventre est gris trés clair.

Biogéographie
Le Chabot est bien présent en France, dans les rivières à truites et les lacs bien oxygénés.

Ecologie
Ce carnassier se nourrit essentiellement d'Invertébrés vivants sur le fond (larves d'éphémères ou de Diptères) qu'il capture entre les pierres, mais aussi d'oeufs ou de jeunes d'autres poissons. Il vit sous les pierres et est surtout actif la nuit.

Reproduction
Il atteind sa maturité sexuelle vers l'age de 2 ans. De mars à avril, les oeufs visqueux sont déposés sous forme d'un paquet gluant d'une centaine d'oeufs sous des pierres et gardés par le mâle. Au bout de 3 à 4 semaines, les larves éclosent et possèdent un sac vitellin (réserve de protéines) leur permettant de rester à l'abri des pierres pendant 10 à 15 jours avant de partir chasser de jeunes petits Invertébrés.
En ce qui concerne le dimorphisme sexuel, le mâle opssède une tête bien plus large que celle de la femelle.

 

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii
Ordre : Scorpaeniformes
Famille : Cottidae

Autres noms : Chaboisseau, bavard, gravelet, grosse tête, séchat
Poids maximum : 80 g (40 g en moy.)
Longueur maximale : 17 cm
Durée de vie : 5 ans
Période de frai : Mars à avril
Ponte : 100 à 1 000 oeufs

Protection : Internationale
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : www.wallonie.be

La loche de rivière : Cobitis taenia (Linnaeus, 1758)

Anatomie
Cobitis taenia possède un corps allongé, comprimé latéralement avec une tête très aplatie portant trois paires de courts barbillons autour de la bouche. La face dorsale est jaune avec des tâches sombres, la face ventrale, blanche. On distingue sur les flancs une rangée longitudinale de 10 à 20 tâches brunes surmontée d'une autre rangée de tâches plus petites. La fente sous orbitaire abrite une double épine érectile. Enfin, le second rayon des nageoires pectorales est plus épais chez les mâles.

Biogéographie
La loche de rivière était signalée dans le bassin Seine-Normandie, dans le bassin Loire-Bretagne : en Anjou, dans le Cher , en Saône et Loire et dans l'Allier, le Puy de Dôme, la Loire, la Haute loire, la Lozère et l'Aveyron ; dans le bassin Rhin-Meuse et le bassin du Rhône ; elle n'est pas signalée dans le bassin du Doubs. Dans le Sud elle est citée dans les parties amont des Gardons et l'Orb. Sa distribution actuelle semble être assez limitée au quart Nord-est du pays (bassin de la Seine et de la Meuse).

Ecologie
La loche de rivière est un poisson benthique qui vit prés des rives dans les cours d'eau limpides et rapides et les lacs clairs à fond sablo-vaseux. Elle devient active au crépuscule alors que dans la journée elle s'enterre dans le sable ou la vase. Elle se nourrit de petits Crustacés, larves d'Insectes, vers et de la microfaune benthique

Reproduction
La reproduction a lieu d'avril à juin parmi les pierres et la végétation des eaux courantes et peu profondes. Les alevins deviennent benthiques presque immédiatement après la naissance.

 

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Clupeiformes
Famille : Cobitidae
Autres noms : barbotin, dormille, lanceron, linotte, loche épineuse, lochon,mustelle, petit barbot
Poids maximum :
Longueur maximale : 8 à 12 cm (rare : 16 cm)
Durée de vie :
Période de frai : Avril à juin
Ponte :
Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -
La blennie de rivière : Blennius fluviatilis (Asso, 1801)

Anatomie
Seule de sa famille à être présente en eau douce, la blennie fluviale possède un corps arrondi et plus comprimé vers la queue. Ses lêvres charnue bordent une bouche largement fendue. Des incisives et canines occupent les machoire de ce carnivore dont le dos et les flancs sont brunâtres avec des tâches sombres. Elle passe facilement inaperçu, vu sa taille et il faut considérer de près ce charmant petit animal pour découvrir sa curieuse apparence, la beauté indéniable de sa robe décorée de rangées de taches et, en particulier, d'une ligne d'un jaune vif à la base de la nageoire anale. Les nageoires pelviennes sont réduites à des baguettes sur lesquelles le poisson s'appuie comme sur des béquilles.

Biogéographie
Les populations de blennies sont peu nombreuses et localisées. On l'a trouve sur les régions septentrionales de la Méditerrannée, dans des eaux douces peu profondes et les lacs de haute altitude. Elle est d'ailleurs abondante dans le lac du Bourget, où les plus beaux individus se tiennent au pied des parois rocheuses de la Dent du Chat. Le lac du Bourget paraît être la limite septentrionale de l'espèce.

Ecologie
Les mâles adultes ont un comportement territorial et solitaire alors que les jeunes vivent en bancs. La blennie aime les eaux pures des rivières rapides et peu profondes mais aussi des lacs, dans des zones à graviers entre lesquels elle se dissimule et évolue à la façon du chabot (Cottus gobio) ou des loches (Cobitis taenia). Elle se nourrit de petites proies vivantes. C'est un poison vif et curieux.

Reproduction
La ponte se fait en été et les oeufs sont collés sous des pierres. Le mâle est reconnaissable à une crête médiane sur la tête. Les mâles, pour survivre lors de la garde de la frayère, n'hésitent pas à cannibaliser une partie de leur progéniture.

 

Règne : Animalia
Embranchement : Chordata
Classe : Actinopterygii

Ordre : Perciformes
Famille : Blennidae
Autres noms : Blennie de rivière - Anglais River Blenny
Poids maximum :
Longueur maximale : 10 à 12 cm (maxi : 15 cm)
Durée de vie :
Période de frai : Mai à Septembre
Ponte :
Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 8/12/1988
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : Patzner


source : Pialek

L'écrevisse à pattes blanches : Austropotamobius pallipes (Lereboullet, 1858)
  

Anatomie
Cette espèce relativement petite ressemble à l’écrevisse des torrents. Elle est également de la même taille. La coloration est brun-verdâtre, le dessous est plus clair (blanchâtre). La carapace (céphalothorax) est divisée en deux parties bien distinctes en vue dorsale, et séparées par un sillon en forme de demi-cercle. Le rostre est relativement long et bordé d’une paire d'épines latérales. Les pinces sont légèrement asymmétriques. Les deux paires de pattes suivantes possèdent des petites pinces, les autres se terminent par une griffe. L’abdomen est segmenté et sur sa face ventrale sont insérés quatre ou cinq paires d’appendices abdominaux (les pléopodes), respectivement chez les mâles (dont un copulateur) et les femelles. Le telson possède une nette suture transversale portant deux épines latérales, tandis que les uropodes ont une suture transversale denticulée.

Biogéographie
Europe occidentale: Irlande, Grande-Bretagne, France, Suisse. Hôte des rivières à truites, présente à peu près partout en France, l'écrevisse à pattes blanches a beaucoup souffert des pollutions et des rectifications de rivières.

Ecologie
Cette espèce vit dans les eaux courantes et fraîches plutôt riches en calcium (pour la cuticule de la carapace) tels que des torrents et des petites rivières avec des fonds graveleux et pierreux ainsi que des berges avec racines. Ces animaux sont plutôt nocturnes et se cachent sous les pierres pendant la journée. Espèce très sensible à la moindre pollution. Devient de plus en plus rare surtout à cause de la pollution des eaux, la pression par les prédateurs introduits (poissons), les maladies, et la surpêche (braconnage).
A. pallipes
se nourrit surtout des insectes aquatiques et de leurs larves, de poissons morts et sans doute de végétaux.

Reproduction
Pendant l’accouplement, la femelle se met sur le dos et le mâle dépose le spermatophore à l’aide des pléopodes antérieurs à proximité immédiate des orifices génitaux de la femelle (situés à la base de la troisième patte marcheuse). La femelle pond plusieurs centaines d’oeufs 2 à 3 (parfois 6) semaines après l’accouplement. Ces oeufs sont fécondés par le sperme provenant du spermatophore, au moment même de leur dépôt dans la cavité formée par les replis latéraux des segments abdominaux. Les oeufs sont fixés aux pléopodes grâce au mucus abondamment sécrété par les glandes cémentaires pendant la ponte. La durée du développement embryonnaire est de 6 mois environ. Après ce délai, seul un petit nombre d’embryons, souvent pas plus d’une vingtaine, achèvent le développement et éclosent. Le stade à l'éclosion est très avancé, les animaux étant en effet pratiquement identiques aux adultes, à l’exception de la rame caudale. La larve mesure alors environ 8 mm. Les juvéniles muent après quelques semaines pour devenir des véritables petites écrevisses. Durant la première année, l’écrevisse mue 7 à 8 fois et atteint une taille de 3 à 6 cm. Ensuite la femelle mue 1 fois, le mâle deux fois par an.

Astacus palipes
= Austropotamobius palipes LEREBOULLET, 1858
Ecrevisse à pieds pâles, écrevisse à pattes blanches, écrevisse à pieds blancs.

Répartition : Espèce la plus répandue en France. Europe occidentale (depuis l'Angleterre jusqu'en Grèce).
Habitat et biologie : Cette espèce vit entre les pierres des rivières à caractère torrentiel, plutôt riches en calcium avec berges à racines. La reproduction commence en octobre et le nombre d'oeufs par femelle dépasse rarement 90.
Importance économique : Bonne.
Exuvies :
MHNPn Crus. 024 1 an
MHNPn Crus. 025 1 an
Remarques : En plaine et en vallée large, les peuplements semblent en régression du fait des pollutions (chimiques et organiques) et des rectifications des cours d'eau.

Règne : Animal
Embranchement : Arthropoda
Classe :
Crustaceae
Ordre : Decapodes
Famille : Astacidae
Autres noms : Ecrevisse à pieds blancs, écrevisse à pattes blanches, écrevisse à pieds pâles, écrevisse pallipède
Poids maximum :
Longueur maximale : 12 cm
Durée de vie :
Période de frai : Septembre à novembre
Ponte :
Protection : Internationale
Protection nationale : Arrêté du 21/07/83
Directive Habitats-Faune-Flore : Annexe II, Annexe V
Convention de Berne : Annexe III
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : ©1999-2005 / UNPF

 

L'écrevisse signal : Pacifastacus leniusculus (Dana, 1852)

Règne : Animal
Embranchement : Arthropoda
Classe :
Crustaceae
Ordre : Decapodes
Famille : Astacidae

D'un aspect général robuste, les péréiopodes I (premières pattes) des écrevisses sont très développés avec une forte pince (pattes ravisseuses). Leur corps (tagme) est divisé en deux parties : le céphalothorax (tête ou céphalon et thorax ou péréion) et l'abdomen. Si on considère ou non la première paire d'antennes comme appendices (interprétation contestée), on peut distinguer 18 à 19 paires d'appendices. En commençant par la partie antérieure de la tête (protocéphalon), on observe des yeux pédonculés et les deux paires d'antennes (appendices 1 et 2) ; le gnatothorax avec les segments portant les mâchoires (3 à 5) , les pattes-mâchoire (6 à 8), 7 et 8 portant des branchies, et les pattes ambulatoires (9 à 13), les trois premières portant des pinces et les quatre premières des branchies; l'abdomen avec les segments 14 à 19, possédant six paires de pattes abdominales ou pléopodes (une paire par segment) : les deux premiers pléopodes sont modifiés chez le mâle en organe copulateur (gonopodes) tandis que chez la femelle, la première paire est réduite et les quatre suivantes servent à porter les oeufs; la dernière paire de pattes abdominales (uropodes, 19) est élargie en nageoire et forme l'éventail caudal avec le telson. Cette description anatomique d'une écrevisse est valable, à part quelques spécificités, pour les différents décapodes.

Les écrevisses, qui vivent principalement en eau douce, se tiennent pendant la journée dans des terriers qu'elles ont creusés dans le sable, tandis qu'elles sortent la nuit pour chercher leur nourriture animale et végétale. Lors des périodes hivernales, elles restent cachées dans leur terrier, ne se nourrissant quasiment pas.

La majorité des écrevisses ne peut survivre qu'en eau propre, non polluée, bien que certaines espèces soient peu difficiles et se contentent de conditions de salubrité plus ou moins bonnes (Orconectes limosus, par exemple). C'est pourquoi l'accroissement de la pollution, ainsi qu'une pêche intensive et le braconnage, menacent continuellement les espèces les plus fragiles.

Il faut savoir que la pêche à l'écrevisse n'est autorisée qu'aux détenteurs de permis de pêche et seulement 15 jours par an, selon les régions, en respectant les juvéniles et les femelles grainées. Par ailleurs, de nombreux parasites tels que sangsues, trématodes, sporozoaires..., s'y attaquent et font mourir certaines espèces. On a observé une mycose due au champignon Aphanomices astaci, qui a entraîné, entre 1878 et 1890, l'épidémie des écrevisses (la peste de l'écrevisse) qui les menace encore de temps en temps. Par conséquent, les écrevisses autochtones sont devenues extrêmement rares.

Dans les années 1990, des tentatives d'introduction d'écrevisses américaines en Europe ont eu plus ou moins de succès. Celle d'Orconectes limosus (écrevisse américaine commune) fut une erreur puisque peu fragile, elle envahit les cours d'eau au détriment des autres espèces, elle est par conséquent interdite dans de nombreux pays européens. L'introduction d'autres espèces, bien qu'interdite en France telles Procambarus clarkii (écrevisse rouge de Louisiane), dont il faut limiter l'extension ou Pacifastacus leniusculus (écrevisse signal, écrevisse de Californie) s'avère être intéressante pour le repeuplement des rivières. On peut noter l'introduction illégale et rare d'écrevisses exotiques (australiennes, jamais en France, et malgaches) dont la survie est exceptionnelle.

Pacifastacus leniusculus DANZ, 1852
Ecrevisse de Californie, écrevisse signal.

Répartition : Cette espèce est originaire des Etats-Unis. Introduite sous contrôle en Suède vers les années 1960 et développée par élevage, elle fut exportée ensuite à travers l'Europe (en France vers 1976, mais aujourd'hui interdite).
Habitat et biologie : Capable de s'adapter en rivières à truites comme dans les étangs. Elle s'accouple plus tôt que les autres espèces, de septembre à fin octobre. La ponte a lieu de fin octobre à fin novembre, de 200 à 250 oeufs.
Importance économique : Espèce peu répandue en France.

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Sur les six espèces recensées en France, deux sont autochtones : l'écrevisse à pieds blancs (Austropotamobius pallipes)- et l'écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus). Une troisième est dite acclimatée : l'écrevisse à pattes grêles, appelée aussi écrevisse turque ou des marais (Astacus leptodactylus).
Protégées par une période légale de pêche (10 jours en juillet-août) et une taille minimale de capture (9 cm), elles sont fortement concurrencées par trois espèces exotiques : l'écrevisse américaine (Orconectes limosus) au dos verdâtre et aux pointes des pinces orangées,l'écrevisse de Louisiane (Procambarus clarkii) de couleur rouge, qui creuse des terriers dans les berges et l'écrevisse signal (Pacifastacus leniusculus) la plus grande de toutes (jusqu'à 15 cm).
La pêche de ces trois espèces est autorisée toute l'année, sans taille légale de capture, mais il est interdit de les remettre à l'eau.

Anatomie
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Biogéographie
L'écreviise signal s'adapte à tous les milieux.

Ecologie
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Reproduction
A l'automne, les femelles pondent moins d'une centaine d'œufs. La femelle se met sur le dos ; le mâle dépose sa semence sur son ventre, où elle gardera les œufs accrochés.

 

Autres noms :
Poids maximum :
Longueur maximale :
Durée de vie :
Période de frai :
Ponte : 200 à 400 œufs
Protection : aucune
Protection nationale : -
Directive Habitats-Faune-Flore : -
Convention de Berne : -
Convention de Barcelone : -
CITES (Convention de Washington) : -


source : www.maretarium.fi


source : www.biol.lu.se

 

 

 

 

 

sources :
www.mnhn.fr & inpn.mnhn.fr
www.encyclopeche.com
www.fribourg-peche.ch
blaw.free.fr
www.saumondeloire.com
www.unpf.fr
www.maretarium.fi
www.fishbase.org


MUUS B.J. & DAHLSTRÖM P., 1991. "Guide des poissons d'eau douce et pêche", Eds. Delachaux & Niestlé : 226 pp.
BILLARD, R. 1997. "Les poissons d'eau douce des rivières de France", Eds. Delachaux & Niestlé : 192 pp.