1. Le couvert en
étain (XVIIIème -XIXème siècles)
Les étameurs ou « grillous » ont pour point dattache
Sourdeval. Ils se déplacent au printemps de village en village
avec leur atelier afin de reprendre les couverts usagés pour
en fabriquer de nouveaux.
Le couvert est fondu dans un simple moule en bronze chauffé,
que lon a aspergé dun mélange de sanguine
et de silicate de soude. Cette aspersion évite que le moule
ne sétame. Le couvert est ensuite ébardé
au couteau puis poli avec une meule de drap.
2. Le couvert
en métal aciéré (1880 -1940)
A la fin du XIXème siècle, les innovations apportées
à la fabrication du couvert nécessitent lutilisation
de lénergie hydraulique ainsi que lemploi dun
matériel important et dun personnel nombreux. Au début
des années 1920, on dénombre dans la vallée 6
fabriques de couverts employant chacune 40 à 50 personnes.
Le fondeur place à lintérieur du moule une armature
en fer sur laquelle il coule un alliage à 72 % détain,
18 % dantimoine (pour la rigidité) et 10 % de plomb.
Pour la cuillère, larmature est constituée de
pièces en métal, découpées et embouties
sur des presses ou des balanciers, qui assurent la rigidité
du couvert. Quant à la fourchette, on en arme les doigts avec
deux tiges pointues aux extrémités, tiges repliées
et cambrées à la forme du moule. La plupart du temps,
les épouses travaillent à lusine comme «
gratteuses » : au moyen dune lime, elles ébarbent
les déchets des couverts que lon vient de fondre, elles
détachent ensuite les pièces une par une, avant de les
mettre dans des boîtes en bois.
3. Le couvert
en aluminium
Durant la Seconde Guerre Mondiale, la pénurie détain
contraint les industriels à se tourner vers le couvert en aluminium.
Deux types de couverts sont alors fabriqués : dune part,
le couvert en alu « sonne clair » constitué dun
alliage à base daluminium. Le décor est alors
reproduit dès le coulage. Dautre part, le couvert en
aluminium pur, frappé sur une matrice après coulage
: ce couvert, plus rigide, possède une gravure beaucoup plus
nette que celle du couvert en alu « sonne clair ».
4. Le couvert
en inox (daprès guerre à aujourdhui)
Lacier inoxydable se révèle beaucoup plus pratique
à employer que létain même si sa finition
est difficile. Avec la fabrication du couvert en inox, les presses
et les balanciers, servant jusqualors à la fabrication
des armatures des couverts en métal aciéré subissent
diverses adaptations tandis quon ajoute un laminoir aux lignes
de fabrication.
Le moule laisse alors place à la matrice : celle-ci, composée
dun alliage à base de chrome et de carbone, est installée
sur les presses et les balanciers afin demboutir et estamper
la plaque dinox dans laquelle est découpée le
couvert.
Il reste aujourdhui une fabrique de couvert encore en activité
à Sourdeval : les établissements Lebrun.