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La
fabrication des soufflets Levallois
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Le bois utilisé est essentiellement le hêtre,
recherché pour sa fibre aérée qui permet lors de
la découpe d'obtenir une planche de meilleure qualité.
Pierre Levallois achète le bois debout et sait, d'un coup d'il,
en évaluer le volume. Acheminé jusqu'au chantier par des
chevaux, plus tard par des camions, le bois est débité
en planches de 30 mm d'épaisseur. Aujourd'hui encore, on peut
distinguer de l'autre côté de la route les anciennes écuries,
transformées en maisons d'habitation.
Puis le bois est " séché à la perche ",
c'est-à-dire debout, en entrecroisant les planches qui forment
alors un X. Cette disposition va permettre à la pluie de laver
le bois de toutes ses impuretés (Durée du séchage
: 4 à 5 mois).
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Traçage et découpe du bois
Cette opération consiste à tracer sur le bois, grâce
à un gabarit, le modèle en taille réelle du soufflet
souhaité, afin de préparer la découpe. Puis l'ouvrier
chantourne le bois : il découpe la planche en suivant le tracé
du gabarit, au moyen d'une scie à ruban. Après cette étape,
le plateau a déjà sa forme de soufflet. Ce dernier est
ensuite raboté au moyen d'une raboteuse mécanique de façon
à obtenir une épaisseur de 27 mm.
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Le nez du soufflet
L'ouvrier perce ensuite trois trous dans la partie centrale du soufflet
pour y placer la soupape en cuir qui devient, au montage, l'âme
du soufflet.
On passe alors la pièce de bois au " taille-crayon ou cloche
", outil adapté sur un tour qui permet d'arrondir en cône
le bec du nez sur lequel on va fixer l'embout. Cette pièce est
ensuite forée afin de percer le nez pour y laisser passer l'air.
Fendu en deux dans le sens de la longueur, pour permettre le mouvement,
le soufflet est entreposé dans le fumoir, haute cheminée
de six étages pouvant contenir jusqu'à 600 soufflets,
où se consument déchets de cuir et écorces d'arbres
de chêne ou de châtaignier, choisis pour l'épaisseur
de leurs écorces. Cette opération teinte le bois et le
sèche. Un ouvrier contrôle ensuite une à une ces
pièces de bois afin de s'assurer qu'elles ne se sont pas fendues
à la chaleur.
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La décoration
À l'étape du fumage succède celle de la décoration
ou fleurissage, tâche souvent dévolue aux femmes. L'ouvrière
travaille à domicile. Elle utilise uniquement des compas : compas
à pointe sèche, compas de rapport muni d'une verge mobile
et coupante (ou gouge). Elle débute en traçant le grand
cercle entourant le décor, au moyen du " compas chantourné
". Elle trace ensuite le décor intérieur, en travaillant
toujours de façon circulaire avec l'aide du compas. Le temps
de fleurissage d'un soufflet ordinaire est d'environ trois minutes.
En une journée, dix à douze douzaines de soufflets sont
ainsi fleuris.
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Le travail du cuir
Le cuir servant à la fabrication des soufflets provient des tanneries
du Sud-Ouest de la France. Il s'agit de peaux de veau et de mouton teintes
en rouge ou en marron foncé.
Ces peaux sont taillées à l'aide de ciseaux, selon le
gabarit.
On découpe ensuite les bordures en cuir destinées à
entourer le plateau du soufflet ainsi que les cols qui en constituent
la charnière. Dans un second temps, l'âme du soufflet est
installée. On pose alors un carton sur cette pièce à
la forme de trapèze, afin qu'elle ne se déforme pas au
passage de l'air.
Enfin, des baguettes d'osier (ou bourdaine) sont posées pour
tendre la peau de cuir autour des plateaux. Pour terminer, on utilise
une petite pièce de bois afin de donner son pli au cuir.
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La pose de l'embout
L'ultime étape de la fabrication du soufflet est la pose de l'embout.
On utilise une feuille de tôle dans laquelle on découpe
des bandes à l'aide d'une cisaille à tôle. On passe
ces bandes à la machine à emboutir. L'embout est alors
étamé afin de le protéger de la rouille et de lui
donner un aspect brillant. L'embout de cuivre, lui, est réservé
aux soufflets fantaisies ou aux soufflets violons.
Avant de monter l'embout, on place une rondelle à son extrémité
afin de le consolider. Quant à la virole, elle est montée
sur le nez de certains soufflets industriels pour le renforcer.
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C'est fini !
La fabrication du soufflet est alors terminée. De la planche
de bois jusqu'à sa finition, le soufflet bénéficiait
des savoir-faire d'une quinzaine d'ouvriers.
Plusieurs types de soufflets sont ainsi produits : soufflets de forges,
de ménage, industriels
Leur vente s'étendait dans
toutes les régions de France et plus particulièrement
en Normandie, Bretagne, Maine, Anjou, Pays-de-Loire. Les régions
Nord et Est commandaient essentiellement des soufflets industriels
pour fondeurs, ferblantiers, bouchers, couvreurs.
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